Artwork – « Silent Alarm » de Bloc Party


Cela fait quasiment un an que je n’ai pas sorti d’article, quel dommage car ce n’est pas l’envie qui m’en manque, j’ai même deux billets d’artworks en brouillon mais je n’en dis pas plus. Pour aujourd’hui, j’ai décidé de traduire un article du site diymag.com qui présente la couverture emblématique de « Silent Alarm », premier superbe opus de Bloc Party, l’album fêtant déjà ses 10 ans cette semaine (le 2 Février exactement) !

Oui, ce n’est pas la plus incroyable des pochettes MAIS l’album a pas mal marqué son année de sortie de par sa qualité et finalement, c’est toujours intéressant d’en apprendre plus sur la conception ou en tout cas, ici, le choix d’une couverture. Pour que personne ne crie au scandale, l’article de DIY est suffisamment complet, je vais donc me contenter ici de traduire aussi fidèlement que possible l’article (en attendant mes prochains billets). 😉
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Morne, blanche et froide, la pochette de Silent Alarm est iconique à sa propre façon. La photographe Ness Sherry partage l’histoire derrière l’artwork.


Pensez à « Silent Alarm » et la première image qui vous viendra à l’esprit est la couverture emblématique, une couverture blanche de neige épurée et froide, avec une petite et éloignée ligne d’arbres grisâtres filiformes. Avec le recul, cela ressemblerait presque à un fil de barbelé entortillé, piquante et difficile à maintenir, comme les lignes de guitare bien aiguisées de Bloc Party. C’est une pochette iconique de la dernière décennie qui couvre encore les murs d’ados à travers le monde. Ce choix n’est pas tant due à la chance qu’à la vision spécifique qu’avait le groupe de son artwork. Une détermination qui a toujours collé au groupe depuis.

 « J’ai reçu des emails de personnes pensant que cela avait été pris en Lituanie ou autre mais en fait, c’est à Northampton, ma propre ville, » explique Ness Sherry à DIY. « Je visitais et il neigeait fort, donc je suis sortie avec mon Hasselblad (appareil photo hyper réputé) et quelques pellicules. Les flocons étaient si gros, et ils couvraient mon objectif. Je n’étais même pas sûre d’avoir capturé quoi que ce soit, mais ces pellicules m’ont offerte quelques unes de mes photos les plus vendues. La neige change tant l’aspect des choses. »

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Ness a fait développer les pellicules et mis en ligne sur son site les photos de paysages enneigés, n’en attendant rien de plus. Puis, de nulle part, elle a reçu un email émanant directement de Gordon Moakes, le bassiste du groupe. Il bataillait depuis longtemps avec des agences de design qui ne comprenaient pas ce que le groupe cherchait à accomplir, qui puisse correspondre au son de « Silent Alarm ». Ce paysage enneigé de Northampton représentait exactement ce qu’il cherchait depuis le début. « C’est assez inhabituel d’être approchée pour un artwork par le membre d’un groupe si celui-ci est signé chez un label » explique Ness. « J’ai supposé qu’ils étaient sans label et faisaient tout eux-mêmes. »
Une caractéristique du groupe qui avait décidé de signer chez Wichita – à l’époque un petit label musical de l’Est de Londres – plutôt que de signer chez une major. Ils étaient inflexibles sur le fait de prendre les rênes dès que l’on en venait à des décisions créatives. « Heureusement, j’avais un ami dans le milieu » ajoute Ness, « le producteur Dan Carey. Je lui ai soumis le nom du groupe et il m’a confirmé que non seulement le groupe était signé mais qu’en plus, ‘ils étaient sur le point d’exploser’ ! »

« Dès lors, j’ai eu à gérer cela avec le label », explique-t-elle, « mais après la fête de lancement de l’album, j’ai envoyé un mail à Gordon pour lui dire à quel point j’étais satisfaite de la couverture et à quel point j’étais heureuse que celle-ci soit connectée à un si bon album. » Ness Sherry a gentiment accepté de partager quelques extraits de son mail avec Moakes, qui donne un bel aperçu du process créatif du groupe il y a 10 ans alors qu’ils finalisaient ce premier album :

« J’ai toujours été très difficile à propos du type d’artwork que nous utilisons et nous sommes très protecteurs sur ce point, » explique Moakes en 2005 peu de temps après la fête de lancement. « Nous avons toujours visé le moins évident, les idées les plus épurées possibles, et c’est sympa de rencontrer des gens qui ont le même état d’esprit. »

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« Je pense que la première fois que je t’ai approchée, et que tu n’avais jamais entendu parler de nous, tu ne pouvais imaginer à quel point cela pouvait compter; mais l’artwork était une chose sur laquelle j’ai vraiment souffert… Néanmoins, tout ce que j’ai fait était une recherche d’images sur Google avec le terme « paysages enneigés », et à ce moment j’étais au bout du rouleau quant aux idées qui nous avaient été soumises. J’étais en train d’essayer d’explorer de nouvelles idées potentielles, et je n’imaginais pas que je pourrais tomber sur une image qui serait la réponse à mon problème. C’était purement mon intérêt pour ton travail qui m’a permis de mettre sur pied une nouvelle idée et la proposer au reste du groupe. La couverture venait d’une vague idée que j’avais eue, et que ton image a su représenter. Ce fut un véritable hasard, mais je suis content que cela ait fonctionné pour nous deux. »

« Il est évident par ces extraits de mails que j’étais la réponse idéale pour Gordon et le reste du groupe » en convient Ness Sherry. « Je suis heureuse qu’ils aient pu intégrer tant de choses dans cette couverture, et qu’ils aient eu le courage de choisir quelque chose de moins évident. Cela en a véritablement fait une couverture aussi iconique que l’album lui-même. Je suis très honorée d’en avoir fait parti. »

 

 


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